1-THE SAMA OU LA AMAS ou pourquoi il n’y a pas de découvertes en Bolivie et en Namibie depuis 2002

SAMA (South Atlantic Magnetic Anomaly) ou AMAS, anomalie magnétique de l’Atlantique Sud, est un phénomène parfaitement documenté depuis des années. Son influence est importante, car elle modifie les temps de transmission des messages des GPS lors de relevés de données en géophysique concernant la position des points intéressants ( anomalies) à étudier. Nous allons donc développer plusieurs points. Mais il faut savoir que les anomalies magnétiques sont documentées par la CGG de Massy depuis 1957. À l’ISTOM, nous recevions des cours assez balèzes en géologie, géophysique et tectoniques dans les années 1970. Par exemple dans la theorie des tectoniques , les effets profondeurs (ou altitude negative) ont ete demontree en Namibie sur les resultats Kunene1 en 2008.

Définitions et historique

Ce sujet touche à un point fondamental où se croisent la géophysique appliquée, la géodynamique et le biais d’exploration de l’industrie pétrolière qui ne prend pas en compte certaines regles QC/QA.

Il faut d’abord corriger une REGLE DE BASE DE L EXPLORATION tout en expliquant l’impact réel de l’AMAS / SAA (Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud / South Atlantic Anomaly).

DEFINITION Une découverte pétrolière correspond à la mise en évidence d’une accumulation d’hydrocarbures (pétrole ou gaz) dans le sous-sol, confirmée par un forage d’exploration positif, et dont la présence est prouvée par des échantillons remontés à la surface.

La réalité sur les découvertes : La Namibie en plein boom? Pas sur……

Contrairement à l’idée qu’il n’y a plus de découvertes depuis 2002 : il y a bien des découvertes théoriques mais on attend le petrole , j ai moi meme fait 4 campagnes d exploration et……….Jamais rien !

En Namibie : Le bassin d’Orange connaît depuis 2022 l’une des plus grandes séries de découvertes théoriques pétrolières offshore au monde (champs Graff, Venus, Mopane découverts par Shell, TotalEnergies et Galp). Où est le pétrole, le gaz, ou l’alquitran brûlé qui montre un problème d’altitude négative en tectonique ?

En Bolivie : Les découvertes de gaz et de condensats se sont essoufflées (crise des investissements et géologie complexe des Andes). La dernière grande découverte étant celle d’Incahuasi pour Total mais les récents efforts de ré-exploration ciblent des formations plus profondes, très iconoclastes et on a eu 74 puits secs en 20 ans

Cependant, la question sous-jacente est passionnante : quel est l’impact de l’AMAS sur l’exploration géophysique dans ces deux régions ?

1-Qu’est-ce que l’AMAS (SAMA) ?

L’AMAS (Anomalie Magnétique de l’Atlantique Sud) est une zone où le champ magnétique terrestre est anormalement faible (jusqu’à un tiers plus faible qu’ailleurs sur la planète). Elle s’étend sur l’Amérique du Sud (couvrant la Bolivie, le Brésil) et traverse l’Atlantique Sud jusqu’au sud de l’Afrique (englobant la Namibie).

2-Pourquoi l’AMAS a-t-elle perturbé la prospection géophysique ?

L’exploration pétrolière s’appuie lourdement sur l’aéromagnétométrie et la gravimétrie-magnétométrie pour cartographier le socle rocheux, les bassins sédimentaires et la géométrie des pièges. L’AMAS crée plusieurs problèmes géophysiques majeurs :

a. Le “Bruit” et la Saturation des Capteurs Aériens ou des navires spécifiques de sismique

Les bateaux, avions et hélicoptères de prospection équipés de magnétomètres à haute résolution enregistrent des interférences ionosphériques intenses dans la zone de l’AMAS. Les particules chargées de la ceinture de Van Allen descendent à des altitudes beaucoup plus basses, provoquant du bruit de fond magnétique hautement instable qui masque les faibles anomalies magnétiques créées par la géologie du sous-sol.

b. Perturbation des Télémétries de Forage (RSS & MWD)

Lors du forage dirigé moderne (systèmes RSS / MWD), les outils au fond du puits utilisent des magnétomètres pour calculer la trajectoire et l’azimut du puits en temps réel par rapport au nord ou au sud magnétique terrestre. Les deux pôles qui bougent tout le temps!

c-Dans la zone AMAS :

Le champ total est affaibli et sa déclinaison varie rapidement. Cela provoque des erreurs de navigation souterraine si les modèles géomagnétiques régionaux (comme l’IGRF) ne sont pas réactualisés en continu car le mouvement des pôles est continu.

L’ensemble de cela se reflète dans la prise de coordonnées GPS à cause de l’AMAS les messages qui indiquent la position en sous-sol d’une zone intéressante ( si on peut croire qu’une anomalie est intéressante car le facteur humain peut fausser la réalité à cause de son interprétation……..humaine)

d. La dérive temporelle de l’anomalie

L’AMAS n’est pas statique : elle se déplace vers l’ouest d’environ 30 a 80 km par an et s’élargit. De plus, les données magnétiques régionales acquises dans les années 1980 ou 1990 en Bolivie ou en Namibie sont aujourd’hui obsolètes, nécessitant de réexplorer et de retraiter intégralement les données enregistrées. Dans les faits, chaque année avant une campagne sismique on doit actualiser les données des champs magnétiques.

Pourquoi les découvertes ont-elles décollé quand on s’est affranchi du “magnétique”, mais seulement en partie.

Pendant des années, les erreurs d’interprétation dues à ces anomalies magnétiques régionales ont ralenti l’identification des cibles pétrolières profondes.

La rupture s’est produite lorsque l’industrie a changé de paradigme :

a-Sismique 3D à très haute résolution : En s’appuyant davantage sur la sismique réflexion profonde et l’imagerie avant sommation (PSDM), les géologues ont pu s’affranchir des biais du champ magnétique, MAIS PAS TOUS , les dérives des pôles magnétiques, la modifications des messages GPS donnant la position de l’anomalie

b-Reconstitution de la Tectonique des Plaques (Conjugate Margins) : En comprenant que le bassin d’Orange (Namibie) est le “jumeau” du bassin de Santos/Campos au Brésil (séparés par l’ouverture de l’Atlantique). On le savait dès 2008 avec Sintezneftgas sur Kunene 1 : les compagnies ont appliqué les modèles brésiliens sous les niveaux de sel pour trouver les réserves géantes namibiennes, mais il y a des variations d’altitude négatives, car la tectonique , c’est 3 dimensions! Dans la tectonique, les plaques bougent en 3 dimensions, LATÉRALES et VERTICALES , mais personne n’a pensé à leur variation en profondeur. Dès le premier forage de Sintezneftgas dans le bloc Kunene 1, on a trouvé du pétrole cuit, on va dire, de l’alquitran.

En résumé : L’AMAS n’interdit pas la présence de pétrole, mais elle corrompt les données magnétiques du ciel ( message de position GPS) de surface ( navigation des bateaux de sismique puis du forage ( effet papillon) . Les “découvertes récentes” en Namibie prouvent que l’utilisation de nouvelles technologies serait pertinente. Attendons les résultats. Je rappelle la définition d’une découverte : Une découverte pétrolière correspond à la mise en évidence d’une accumulation d’hydrocarbures (pétrole ou gaz) dans le sous-sol, confirmée par un forage d’exploration positif, et dont la présence est prouvée par des échantillons remontés à la surface.

Le phénomène principal AMAS

Phénomènes ou les autres facteurs annexes mais qui affectent les prises de coordonnées GPS le mouvements des pôles magnétiques

LES ERREURS DE PRISES DE COORDONNÉES GPS

Conclusions

Lorsque les mesures magnétiques naturelles peuvent être à l’origine d’erreurs de coordonnées géographiques, on abandonne les systèmes de prise de coordonnées basés sur les phénomènes magnétiques et on recourt à une autre méthode, la RMN (résonance magnétique nucléaire, NMR en anglais). De plus, chercher des anomalies, c’est idiot et dangereux, car cela repose sur des interprétations humaines qui présentent en moyenne 20 à 40 % d’erreurs d’interprétation!

EXPLICATIONS SCIENTIFIQUES DE LA TECHNIQUE RSS-NMR

Vulgarisation de la RSS-NMR ( Remote Sensing Survey – Nuclear Magnetic Resonance)

LE PRINCIPE DE BASE

EXPLICATIONS SCIENTIFIQUES

Mode d’emploi pour la recherche d’hydrocarbures et de minéraux

Publication scientifique sur la RSS-NMR en russe car il n existe pas de traduction officielle

Les législations concernant l’usage des satellites, les droits des photos et mais on n’utilise pas de photographies en RSS-NMR

Le SPY MODE

Les sweet spots ou la fin des sismiques systématiques

Enfin, comme dirigeant pétrolier, il vous faut éviter les ONG, les permis d’exploration des NOC , les écologistes,l’opinion publique et les journalistes, bref, les choses qui vous gâchent votre journée ! Faites bien clean et discrètement

Dans le secteur pétrolier, un brownfield désigne un gisement mûr ou mature : un champ déjà exploité depuis des années, souvent considéré comme en fin de vie ou en déclin selon les méthodes traditionnelles.

LA RÉEXPLORATION DES BROWNFIELDS, le vrai business du pétrolier moderne qui est gestionnaire avec des actionnaires exigeants

Alors que le forage de nouveaux puits d’exploration (greenfields) comporte des risques financiers colossaux et des coûts d’infrastructure majeurs, la réexploration des brownfields est devenue une priorité. L’intégration des technologies de Résonance Magnétique Nucléaire (RMN / NMR) — en particulier lorsqu’elles sont combinées aux systèmes de forage orientables en temps réel (RSS – Rotary Steerable Systems) — transforme radicalement la rentabilité et la précision de ces opérations.

1. Pourquoi la ré-exploration des Brownfields est stratégique

Réexplorer un gisement mature présente des avantages économiques et logistiques incomparables :

Infrastructures déjà en place : les plateformes, les pipelines, les routes et les unités de traitement. Le coût de mise en valeur du pétrole découvert y est nettement inférieur.

Réduction du risque géologique global : La géologie régionale est déjà connue, documentée et modélisée grâce à des années d’historique de production.

Extraction du pétrole résiduel (By-passed Oil) : On estime que les méthodes conventionnelles laissent souvent entre 50 % et 70 % du pétrole en place dans la roche-réservoir (zones colmatées, lentilles isolées, réservoirs complexes ou non vus à l’époque).

2. Le rôle clé de la technologie RMN (NMR)

Les outils de diagraphie traditionnels (résistivité, densité, neutrons) mesurent la réponse globale de la roche et des fluides, mais peinent à distinguer l’eau liée aux argiles des hydrocarbures mobiles dans des réservoirs complexes.

La Résonance Magnétique Nucléaire apporte une réponse directe sur la nature microscopique des fluides en mesurant la réponse des noyaux d’hydrogène soumis à un champ magnétique :

Caractérisation exacte de la porosité : Elle distingue la porosité efficace (fluides pouvant s’écouler) de la porosité microporeuse (eau piégée par capillarité).

Directement sensible à la viscosité et au type de fluide : La RMN permet de différencier clairement l’eau, le pétrole lourd, le pétrole léger et le gaz sans dépendre de la salinité de l’eau de gisement (un problème fréquent dans les brownfields réinjectés d’eau).

Évaluation de la perméabilité : elle fournit une estimation précise de la capacité de production du réservoir, sans avoir à prélever systématiquement des carottes physiques coûteuses.

3. La synergie RSS + NMR : La précision ultime en forage dirigé

L’association de la RMN avec un RSS (Rotary Steerable System ) modifie la donne en cours de forage (LWD – Logging While Drilling) :

Geosteering en temps réel (Naviguer dans le “Sweet Spot”) : Le système RSS permet de diriger le forage en continu à 360°. Couplé aux données de RMN transmises instantanément, le géologue “voit” la qualité du réservoir au fur et à mesure que l’outil avance. Si la formation devient trop argileuse ou bouchée, le RSS réoriente immédiatement le puits afin de rester au cœur de la zone la plus perméable et la plus riche en hydrocarbures.

Identification des drains non balayés : Dans un brownfield, l’injection d’eau historique crée des chemins de drainage privilégiés, laissant des “poches” d’huile intactes à quelques mètres près. L’association RSS-NMR permet de percer des puits latéraux extrêmement précis pour aller cueillir ces réserves résiduelles.

Optimisation des coûts de forage : En évitant les trajectoires inutiles dans les zones stériles ou noyées par l’eau, le couple RSS-NMR maximise le taux de contact avec le réservoir utile (reservoir contact) dès le premier passage.

En résumé : La réexploration des brownfields est le moyen le plus rapide et le plus rentable d’augmenter les réserves d’une compagnie. L’apport combiné de la RMN (qui caractérise la présence et la mobilité exacte des hydrocarbures) et du RSS (qui permet de guider le puits au centimètre près dans ces zones cibles) transforme des gisements autrefois jugés “épuisés” en nouveaux centres de production très profitables.

INTÉRÊT NUMÉRO UN DE L’ÉTAPE ZÉRO